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Projets pédagogiques

Ouverture culturelle avec Frédérique Martin, écrivain.

Texte collectif écrit lors de l’atelier d’écriture du 21 janvier 2009 avec l'écrivain.

C’était un lundi, mardi, jeudi ou vendredi…

 
C’était un lundi, mardi, jeudi ou vendredi. Tu as aimé ton arrivée en classe, ainsi que ta présentation par le directeur. Tu n’as pas aimé quand tu t’étais égarée dans les arrêts de bus. Tu as aimé la chaleur que dégageaient tes camarades lorsqu’ils te souriaient, que le soleil réchauffe ton cœur, les premiers moments passés avec tes amis. Tu n’as pas aimé ta première récré à cause de ces personnes qui te regardaient et qui parlaient derrière ton dos. Tu as aimé quand ton bien-aimé est venu te chercher après les cours, le film qui passait à la télé et que tu as partagé avec lui, fumer une cigarette librement, ton emploi du temps que tu trouvais léger, retrouver ta grande amie.
 
Tu n’as pas aimé les regards, les préjugés, te sentir seule et ne rien faire assise sur un banc près d’un portail gris. Mais tu as aimé, la montagne, le soleil et sa douceur. Tu as aimé qu’ils viennent enfin te parler, tu as aimé t’ouvrir à eux et créer de nouveaux liens d’amitié.
 
Tu as aimé ces personnes gentilles, aller au CDI sur l’ordinateur. Tu as aimé la neige, mais tu n’as pas aimé la montagne. Tu as aimé certaines matières, la forme du lycée, mais pas sa situation. Tu n’as pas aimé le froid sur ta peau. Tu as aimé le mercredi car tu n’avais pas cours. Tu as aimé quand la sonnerie a retenti.
 
Tu as aimé le décor intérieur, extérieur et supposé le moment où il neigerait, qu’il y ait Ulysse, ce chien affectueux. Tu as aimé avoir le premier jour une personne de ta classe avec qui tu imagines déjà avoir des parties de rigolades et le matériel performant qui était proposé.
 
Tu as aimé être foudroyée par un homme. Tu n’as pas aimé ce stress permanent qui te pourrissait la vie, le self et ses légumes peu cuits et sa purée tout juste bonne à construire des murs. Tu n’as pas aimé qu’on te considère toi et tes camarades comme des moins que rien.
 
Tu as aimé la présence de tes cartes à tes côtés car elles te rassurent face aux craintes que tu avais eues pendant les vacances d’été. Elles, au moins, tu les connaissais contrairement aux gens autour de toi qui t’ont fait penser à la solitude que tu craignais de revivre. Tu as aimé l’accueil qui t’était donné et l’ambiance plus libre du lycée, l’attention que ton professeur t’a apporté, et les filles de ta classe qui avaient l’air plus ouvertes à ton égard, moins froides que celles d’autrefois. Cette journée a été une clef qui t’a ouvert la porte sur ta première année de lycée.
 
Tu as aimé voir ce grand établissement, la joie qui crépitait en toi, ta rentrée, le doux murmure incessant des machines dans l’atelier, ce nouveau commencement qui t’ouvrait et qui s’ouvrait à toi, le fait de te sentir comme le soldat rentré de la guerre et qui montre son trophée.
 
Tu as aimé l’excitation de connaître de nouvelles personnes, l’immensité de cet établissement, d’être passée de l’enfance à l’adolescence. Tu n’as pas aimé le regard fixé des gens sur toi, l’immaturité des personnes, l’internat car tu ne voulais pas y être. Tu as aimé les bons moments passés avec tes amis et le vendredi car tu finissais à midi. Tu n’as pas aimé la température extérieure et le vent froid qui venait souffler à travers les montagnes vertes.
 
Tu as aimé l’architecture du lycée, la beauté des immenses et profondes montagnes. Tu n’as pas aimé le vent froid, le vent froid et la peur que tu avais au ventre. Tu as aimé te sentir mieux parce qu’une amie était avec toi. Tu as aimé cette exaltation que tu avais en toi de passer du monde de l’enfance à celui de l’adolescence. Tu n’as pas aimé la sensation d’étouffer quand tu mangeais. Tu as aimé la joie des autres élèves et les salles de classe immenses. Tu n’as ni aimé te sentir mal et perdue, ni aimé la première fois où tu es entrée à l’internat avec ses couloirs interminables, le froid et l’impossibilité de t’endormir. Tu as aimé l’ambiance et le côté famille des internes. Et pour finir tu as aimé Ulysse et sa maîtresse Martine.
 
Tu as aimé la chaleur des gens qui se parlent, la chaleur des retrouvailles, les petits secrets qui se dévoilent, l’ambiance, l’attente de découvrir, de savoir, d’apprendre, d’écouter. Tu as aimé te sentir bien, te dire que tu allais commencer à apprendre à coudre, te dire que dans cet endroit tu vas découvrir plein de choses et de gens. Tu as aimé ces montagnes qui enlacent le lycée.
 
Tu n’as pas aimé cette longue attente dans le hall. Tu as aimé entrer dans la cour des grands. Tu n’as pas aimé cette peur au ventre de se retrouver seule et de passer inaperçue. Tu as aimé ce bel établissement dressé devant toi, contemplé les montagnes et le ciel bleu qui t’embrassaient ce jour là. Tu n’as pas aimé tous ces longs discours, mais tu as aimé regarder les machines à coudre, faire ces belles rencontres et l’observation de chacun envers les autres.
 
Atelier d'écriture
Atelier d'écriture
 
Maintenant tu rêves de vivre avec ton bien aimé en Andalousie, là où les maisons sont magnifiques et le soleil brûlant. Ton métier serait d’être secrétaire dans la marine.
Tu t’appelles Aurélie.
 
Maintenant tu rêves de choses enfouies dans ton cœur mais que tu préfères garder tel un précieux secret que tu ne pourras dévoiler.
Tu t’appelles Aline.
 
Maintenant tu rêves de travailler dans une grande entreprise, des diplômes en poche et d’avoir une famille heureuse.
Tu t’appelles Zhi Qiong.
 
Maintenant tu rêves d’avoir des animaux à tes côtés, d’être auxiliaire spécialisée vétérinaire, et d’être accompagnée par une personne qui t’aime et te respecte.
Tu t’appelles Angèle.
 
Maintenant tu rêves de trouver l’amour auprès de celui qui te fera connaître ce sentiment éternel. Tu pourras lire dans son regard la force de son amour à ton égard.
Tu t’appelles Sonia.
 
Maintenant tu rêves de réussir tes études, de voyager, de créer ton magasin de fringues, puis de te poser, d’avoir de l’amitié et mourir en tant que toi.
Tu t’appelles Sarah.
 
Maintenant tu rêves de voyager, de rencontrer celui avec qui tu feras ta vie, d’avoir des enfants et d’être heureuse jusqu’à la fin de ta vie.
Tu t’appelles Audrey.
 
Maintenant tu rêves de devenir assistante de direction, de construire une famille avec trois enfants et de finir tes jours heureuse.
Tu t’appelles Nadège.
 
Maintenant tu rêves d’amour, de liberté, de santé et de paix.
Tu t’appelles Anaëlle.
 
Maintenant tu rêves d’être seulement toi…
Tu t’appelles Maeva.
 

Le site internet de Frédérique Martin


Page mise à jour le 12/05/2009 par Edith Schumann